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Investir dans l'hôtellerie : résidences gérées, murs d'hôtels et fonds spécialisés

Actualités · · Publié le 2026-11-04

Chambre d'hôtel avec un grand lit blanc, deux lampes de chevet allumées et un fauteuil
Le revenu d'un placement hôtelier dépend du remplissage de chambres comme celle-ci. Photo : Kurt Kaiser, Wikimedia Commons, CC0.

En 2017, l'hôtellerie figurait parmi les pistes mises en avant pour « investir et se rémunérer » : le tourisme en France repartait après les attentats de 2015-2016, les résidences de services se multipliaient et des fonds proposaient d'acheter des murs d'hôtels. Plusieurs portes d'entrée existent, très différentes par leurs risques et leur fiscalité. Cet article les décrit de façon générale, avec les évolutions intervenues depuis, notamment pour la location meublée.

Trois façons d'investir dans l'hôtellerie

1. Un logement en résidence gérée

Le particulier achète un appartement ou une chambre dans une résidence de tourisme, une résidence d'affaires ou une résidence de services, et le loue meublé à un exploitant par un bail commercial, généralement de neuf ans ou plus. L'exploitant gère les séjours et verse un loyer, fixe ou partiellement indexé sur le chiffre d'affaires. C'est le format le plus diffusé auprès des particuliers.

2. Les murs d'un hôtel

Un investisseur, souvent via une société, achète l'immeuble d'un hôtel et le loue à un exploitant, indépendant ou rattaché à une chaîne. Les montants en jeu réservent cette voie aux patrimoines importants ou aux opérations collectives.

3. Des fonds spécialisés

Certaines SCPI, sociétés civiles ou fonds de capital-investissement sont investis en tout ou partie dans l'hôtellerie, qu'il s'agisse des murs ou des fonds de commerce. L'épargnant détient alors des parts d'un portefeuille diversifié, avec les règles de liquidité et de frais propres à ce type de véhicule.

Ce qui faisait l'attrait du secteur

Les risques qui se sont matérialisés

Le principal risque de ces placements tient à l'exploitant. Si celui-ci connaît des difficultés, il peut demander une baisse des loyers, suspendre ses paiements ou faire l'objet d'une procédure collective. La crise sanitaire de 2020 l'a montré de façon brutale : avec la fermeture des établissements, de nombreux exploitants ont cessé de payer tout ou partie des loyers pendant plusieurs mois, invoquant la force majeure ou négociant des avenants. Des propriétaires de chambres en résidence ont ainsi vu disparaître une partie de leurs revenus, alors qu'ils remboursaient souvent un crédit.

D'autres risques sont propres au format :

Un loyer « garanti » ne l'est que par l'exploitant. Avant d'acheter, regardez la solidité financière de la société d'exploitation, son historique, la rédaction du bail (indexation, clauses de travaux, de force majeure, de sortie) et l'état des autres résidences qu'elle gère.

Ce qui a changé dans la fiscalité depuis 2017

La fiscalité de la location meublée a été modifiée à plusieurs reprises depuis 2023 et fait l'objet de débats à chaque loi de finances. Les règles exactes, les dates d'application et les régimes transitoires doivent être vérifiés sur impots.gouv.fr ou le BOFiP au moment de l'investissement et de la revente.

Les questions à se poser

  1. Le projet tient-il sans avantage fiscal ? Calculez la rentabilité avec un loyer réduit et quelques mois de vacance.
  2. Qui est l'exploitant, depuis quand, avec quels comptes et quel taux de remplissage dans ses autres établissements ?
  3. Que dit le bail : durée ferme, indexation, répartition des travaux, clauses de sortie ?
  4. Quel est le prix au mètre carré, mis en regard du marché local hors résidence, et comment se revendent les lots existants ?
  5. Quelle part de votre patrimoine ce placement représentera-t-il, et pendant combien de temps ?

Cet article est une présentation générale. Il ne constitue ni une recommandation d'investissement, ni une analyse d'une offre particulière.

Sources

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